De ma terrasse, lorsque la nuit tombe et que peu à peu
les lumières s'éteignent autour de moi, il reste ces deux flèches tendues au ciel, ce phare qui m'accroche. Elles émergent de la masse devenu sombre des immeubles et l'on n'entend alors plus que
les rires de quelques passants revenant tard. C'est le moment que j'aime, celui où la lumière jaune de ma cigarette rend un dernier feu, seul point de lumière au mileu de la nuit. Les étoiles ne
tardent pas alors à me rejoindre.
Qui es-tu ce voisin qui comme moi goute tardivement les nuits devenues calmes d'un Paris assoupi? D'une fenêtre carrée, je plonge mes yeux. Personne. Assoupi, toi
aussi, voisin? Attends-tu un appel? Lis tu un roman qui te captive? As tu peur du noir? Vois tu au dessus de toi cette masse sombre qui te sert de toiture, l'on dirait une roche qui se découpe
dans le ciel. Tu y as fait un creux, il fait chaud dans ta lumière jaune. Ne m'en veux pas, voisin, quelquefois je regarde ces tableaux que tu as accroché et qui signifie une part de ta vie.
Quelle part?
Et puis, en bas, tout en bas, le vert perdure. Jusqu'au matin, tout sera calme jusqu'au moment où les premiers merles vont se réveiller puis les premières voitures.
Paris va se réveiller, bientôt. J'entendrais les rideaux de fer se lever, les câfés ouvrir et je sourirais alors. Parce que Paris, tu sais, je t'aime.